50% des Français considèrent que la médecine prédictive peut faire progresser la santé, mais 2/3 craignent l’absence de confidentialité des données selon une étude de L’Observatoire de la Santé Le Figaro Weber Shandwick

lundi 03 février, 2014

PARIS – Consultés sur la médecine prédictive dans le cadre de la 6ème édition de l’Observatoire de la Santé Le Figaro Weber Shandwick, 50% des Français déclarent que cette discipline, qui permet de déterminer la probabilité de développer une maladie donnée par l’étude des gênes, peut faire progresser la sante. 30% estiment, en effet, qu’elle va permettre de prévenir, soigner ou mieux gérer certaines maladies. 20% considèrent qu’elle va permettre de proposer d’emblée les traitements les plus efficaces aux patients atteints de maladies graves.

En revanche, 14% des Français, la médecine prédictive ne peut faire progresser la santé, soit parce que l’environnement, l’hygiène ou la pollution entre autres influent plus sur les maladies que les gênes (9%), soit parce qu’elle ne permettra pas de traiter les maladies incurables (5%).

Notons que plus d’1/3 des Français (35%) choisissent de ne pas se prononcer, révélant ainsi une méconnaissance de la médecine prédictive.

Pour 2/3 des personnes interrogées, le premier risque lié au développement de la médecine préventive serait la confidentialité des données. Ainsi redoutent-ils que les employeurs, les banques ou les assureurs utilisent les informations issues des tests avant la signature d’un contrat ou d’un emprunt par exemple. Près de la moitié des sondés craignent les dérives scientifiques comme les manipulations génétiques, les risques d’eugénisme (50%) ou encore une redéfinition des libertés et des contraintes individuelles (55%).

Malgré ces réserves, 2/3 des Français se déclarent prêts à passer un test génétique, notamment s’il peut prévenir l’apparition d’une maladie qu’ils seraient susceptibles de développer, voire la traiter si possible (56% des sondés). Sans surprise, parmi ces personnes favorables aux tests génétiques, 85% jugent la médecine prédictive comme un progrès et 77% estiment qu’elle ne comporte aucun risque. Et finalement, seul 1 Français sur 5 ne souhaite pas s’enfermer dans un avenir qu’il ne pourrait que subir et 4% doutent de la confidentialité des tests.

Si un test génétique permettait de découvrir un risque accru de développer certaines maladies comme le diabète, le cholestérol ou les maladies cardio-vasculaires, près des 3/4 des Français (72%) seraient prêts à améliorer leur hygiène de vie (dont 38% certainement). Les femmes (naturellement plus soucieuses de leur hygiène de vie et plus adeptes des comportements de prévention) et les séniors (plus concernés par ce type de maladies) seraient les populations les plus enclines à modifier leurs comportements. Notons que 11% des sondés estiment avoir déjà une bonne hygiène de vie.

Enfin, 64% des Français se disent favorables à l’assouplissement de la législation afin que tout adulte puisse réaliser des tests génétiques et accéder à l’information sur son génotype. 33% estiment que cela fait partie de leurs libertés individuelles. 13% pensent que cela évitera de réaliser ces tests par le biais de prestataires basés dans des pays dont la législation est moins stricte. Et 29% posent comme condition l’encadrement très strict par la loi de l’accès et de l’exploitation de l’information génétique. De manière logique, ceux qui considèrent la médecine prédictive comme un progrès sont les plus favorables à l’assouplissement de la législation actuelle (80% vs 64% en moyenne).

34% des personnes interrogées se déclarent contre cet assouplissement de la législation. Les raisons avancées sont l’impossibilité de garantir la confidentialité des données (15% des sondés), la peur que les utilisateurs n’aient pas la capacité d’interpréter les résultats (14%) et des tests trompeurs qui signaleraient un risque statistique et non un diagnostic (12%).

Les résultats de cette étude sont publiés dans le supplément santé du Figaro du 3 février. Si vous souhaitez obtenir l’intégralité des résultats, n’hésitez pas à nous répondre pas retour d’email à l’adresse suivante : mberne@webershandwick.com ou au 01 47 59 56 31.

Lancé avec le concours du Figaro en avril 2013, cet Observatoire apporte régulièrement un éclairage sur les perceptions et attitudes des Français à l’égard d’enjeux de société et de santé ; la première vague les avait sondés en mars dernier sur les solutions permettant de rester jeune en apparence plus longtemps. L’édition précédente abordait le sujet de la perte d’autonomie effective ou potentielle d’un proche.